Illustrations musiciens cordes

Hommage à André Prévost

Vendredi
16
avril 2021
20h00
Webdiffusion en direct de la Salle Claude-Champagne, en rediffusion les 17 et 18 avril 2021. Rendez-vous sur lepointdevente.com !

À travers des créations et plusieurs découvertes, l’événement, animé par la comédienne Julie Daoust, viendra célébrer la mémoire du compositeur, pédagogue et grand humaniste André Prévost (1934-2001), disparu il y a 20 ans. Sous la direction musicale de Lorraine Vaillancourt, le concert réunira sur scène les musiciennes et les musiciens du NEM ainsi que des étudiantes et étudiants de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Le violoncelliste de renom Yegor Dyachkov se joindra à l’Ensemble pour interpréter l’œuvre phare de la soirée, le concerto pour violoncelle Menuhin : Présence, ultime œuvre du compositeur.

Également au programme, des créations de Michel Longtin et Joshua Bucchi, ainsi que deux pièces du répertoire écrites par les compositeurs Jérôme Combier et Claude Vivier

Le concert Hommage à André Prévost se veut une fête commémorative mettant de l’avant cet art d'agencer des sons, de créer des formes et d'apprivoiser des langages différents les uns des autres ! 

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Cheffe

Lorraine Vaillancourt

Soliste(s)
Yegor Dyachkov
,
violoncelle
Animateur
Julie Daoust
,
maîtresse de cérémonie
Artiste(s) invité(s)
Joshua Bucchi
,
basse électrique
Juliette Félix
,
flûte (lauréate Bourse JSL)
Anne-Marie Garand
,
flûte (lauréate Bourse JSL)
Musiciennes et musiciens
,
de l'Ensemble de musique contemporaine de l'UdeM

Ce silence arrive…
Y’a plus de respiration…
Y’a plus de temps…
Y’a plus de chronologie…
Ce qu’il y a de commun entre celui qui produit et celui qui reçoit, c’est la solitude des deux…
On se rejoint justement dans cette solitude, dans cet isolement finalement…

Et j’ai senti que les musiciens et la salle, nous nous étions rejoints autour de cette réalité spirituelle…
- André Prévost

Programme

Joshua Bucchi (
1982
,

Canada

), Disasters by themselves (
2020
-
2021
),
pour 17 instruments
- création
Joshua Bucchi (
1982
,

Canada

), Disasters by themselves (
2020
-
2021
),
pour 17 instruments
Joshua Bucchi (
1982
,

Canada

), Disasters by themselves (
2020
-
2021
),
pour 17 instruments
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Off
Portrait du compositeur
Isabelle Meister

D’origine franco-américaine, Joshua Bucchi est un musicien polyvalent qui partage ses activités entre la musique contemporaine de création et divers styles populaires. Il est titulaire d’un Baccalauréat en composition obtenu en 2011 et d'une Maitrise de composition mixte obtenue en 2013 à la Haute École de Musique de Genève sous l’enseignement de Michael Jarrell, Luis Naon et Eric Daubresse. Par la suite il complète en 2017 un DEPA en composition pour la scène et l'écran à l'Université́ de Montréal. Il poursuit actuellement un programme de Doctorat en composition et création sonore à la faculté de musique de l’Université de Montréal, sous la direction de Pierre Michaud. En juin 2013 il est lauréat du Prix du Conseil d’État de Genève, et en 2015, d'une bourse d'aide à la création de la Fondation Nicati-DeLuze. En mai 2018 il obtient une bourse au doctorat en recherche du Fonds de Recherche du Québec – Société et Culture.

Il compose pour diverses formations instrumentales ou mixtes, pour des projets électroacoustiques et travaillera en association avec l’image, notamment en format Ciné-concert autour des courts-métrages de Charlie Chaplin ou encore avec des films d’archives. Il est également arrangeur, bassiste, chanteur et percussionniste actif dans le Rock progressif, le Jazz, les musiques Afro-Cubaines, Caribéennes et Brésiliennes. Avec le groupe Guacamole's Green, il enregistrera un album et réalise également un vaste projet de réinterprétation de la musique de Frank Zappa. Il s’implique activement dans les projets de création et développe un univers esthétique légèrement déviant et tendrement anarchiste, empreint d’autodérision et de second degré.

Disasters by themselves

On ne sait pas vraiment comment on s’est senti cette fois-ci.
On ne sortait pas, d’abord là-bas, puis ici aussi.
C’était le printemps, ensuite l’été, et l’automne, et l’hiver, et le printemps, mais il faisait pas toujours beau.
Et c’était partout pareil,
Et ça s’appelait pareil partout (sauf peut-être pour un changement d’article ou de particule par-ci par-là),
Et c’était pour tout le monde. Avec mes trois éternels t-shirts Marvels
Mon esprit ressemblait à une affiche lacérée de Jacques Villeglé
Et je ne me souviens pas très clairement,
Je ne me souviens pas vraiment de ce que j’ai pu faire « en cette période »
Pendant un an et demi, pendant neuf mois, pendant un instant…


…, cycle de l’eau, Satan, l’orchestration, Christopher Hitchens, le cancer (encore et toujours), Jaco, la forêt, Oddua et Yemaya, S+7 et Google translate, tonton Joe qui lui n’a jamais vécu au Québec (voir ci-dessus) et que je n’ai pas connu, les élections, Zappa… Autant de couches superposées qui se déchirent en lambeaux dans un processus de production finalement assez auto-ethnographique. J’aime pas ça et pourtant c’est la deuxième fois ! Une fois pour un mort, et deux fois pour des petites vivantes. La basse, mon instrument de torture, bien plus que le prétexte prévu initialement, initie tout ça justement. Pas étonnant qu’il y ait autant de quartes. Ainsi la bande n’est pas montée elle est jouée… à la basse.
Et c’est la flûte, jamais apprise, mais fantasmée, qui écrit. La « vraie » musique arriverait presque par ici, hors d’un magma saturé, puis elle se métastase dans la boucle jusqu’à s’arracher de l’intérieur. Enfin ça s’écrase et se disperse comme l’écume, dans ce qui aurait pu être le début mais n’est pourtant plus du tout comme avant. L’écriture d’abord recomposée se redéchire.

Nous avons tous vécu de petits désastres tous seuls, chacun le sien comme son petit trésor. On y trouve du sens, mais c’est jamais le même de l’un à l’autre, et on est rarement capable de l’expliquer vraiment.

- Joshua Bucchi, mars 2021

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Portrait du compositeur
Isabelle Meister

D’origine franco-américaine, Joshua Bucchi est un musicien polyvalent qui partage ses activités entre la musique contemporaine de création et divers styles populaires. Il est titulaire d’un Baccalauréat en composition obtenu en 2011 et d'une Maitrise de composition mixte obtenue en 2013 à la Haute École de Musique de Genève sous l’enseignement de Michael Jarrell, Luis Naon et Eric Daubresse. Par la suite il complète en 2017 un DEPA en composition pour la scène et l'écran à l'Université́ de Montréal. Il poursuit actuellement un programme de Doctorat en composition et création sonore à la faculté de musique de l’Université de Montréal, sous la direction de Pierre Michaud. En juin 2013 il est lauréat du Prix du Conseil d’État de Genève, et en 2015, d'une bourse d'aide à la création de la Fondation Nicati-DeLuze. En mai 2018 il obtient une bourse au doctorat en recherche du Fonds de Recherche du Québec – Société et Culture.

Il compose pour diverses formations instrumentales ou mixtes, pour des projets électroacoustiques et travaillera en association avec l’image, notamment en format Ciné-concert autour des courts-métrages de Charlie Chaplin ou encore avec des films d’archives. Il est également arrangeur, bassiste, chanteur et percussionniste actif dans le Rock progressif, le Jazz, les musiques Afro-Cubaines, Caribéennes et Brésiliennes. Avec le groupe Guacamole's Green, il enregistrera un album et réalise également un vaste projet de réinterprétation de la musique de Frank Zappa. Il s’implique activement dans les projets de création et développe un univers esthétique légèrement déviant et tendrement anarchiste, empreint d’autodérision et de second degré.

Disasters by themselves

On ne sait pas vraiment comment on s’est senti cette fois-ci.
On ne sortait pas, d’abord là-bas, puis ici aussi.
C’était le printemps, ensuite l’été, et l’automne, et l’hiver, et le printemps, mais il faisait pas toujours beau.
Et c’était partout pareil,
Et ça s’appelait pareil partout (sauf peut-être pour un changement d’article ou de particule par-ci par-là),
Et c’était pour tout le monde. Avec mes trois éternels t-shirts Marvels
Mon esprit ressemblait à une affiche lacérée de Jacques Villeglé
Et je ne me souviens pas très clairement,
Je ne me souviens pas vraiment de ce que j’ai pu faire « en cette période »
Pendant un an et demi, pendant neuf mois, pendant un instant…


…, cycle de l’eau, Satan, l’orchestration, Christopher Hitchens, le cancer (encore et toujours), Jaco, la forêt, Oddua et Yemaya, S+7 et Google translate, tonton Joe qui lui n’a jamais vécu au Québec (voir ci-dessus) et que je n’ai pas connu, les élections, Zappa… Autant de couches superposées qui se déchirent en lambeaux dans un processus de production finalement assez auto-ethnographique. J’aime pas ça et pourtant c’est la deuxième fois ! Une fois pour un mort, et deux fois pour des petites vivantes. La basse, mon instrument de torture, bien plus que le prétexte prévu initialement, initie tout ça justement. Pas étonnant qu’il y ait autant de quartes. Ainsi la bande n’est pas montée elle est jouée… à la basse.
Et c’est la flûte, jamais apprise, mais fantasmée, qui écrit. La « vraie » musique arriverait presque par ici, hors d’un magma saturé, puis elle se métastase dans la boucle jusqu’à s’arracher de l’intérieur. Enfin ça s’écrase et se disperse comme l’écume, dans ce qui aurait pu être le début mais n’est pourtant plus du tout comme avant. L’écriture d’abord recomposée se redéchire.

Nous avons tous vécu de petits désastres tous seuls, chacun le sien comme son petit trésor. On y trouve du sens, mais c’est jamais le même de l’un à l’autre, et on est rarement capable de l’expliquer vraiment.

- Joshua Bucchi, mars 2021

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Claude Vivier (
1948
-
1983
,

QC
Canada

), Pièce pour flûte et piano (
1975
),
Claude Vivier (
1948
-
1983
,

QC
Canada

), Pièce pour flûte et piano (
1975
),
Claude Vivier (
1948
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1983
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QC
Canada

), Pièce pour flûte et piano (
1975
),
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Pièce pour flûte et piano

À l’automne 1974, Vivier reçoit la commande des huit pièces pour le concours du Tremplin international à Montréal en 1975, un des événements les plus prestigieux du Canada, pour les jeunes interprètes. Quatre des pièces de Vivier (Pianoforte, Pièce pour flûte et piano, Pièce pour violon et piano et Hymnen an die Nacht, pour soprano et piano) ont été jouées pendant la finale du concours. Les autres (Improvisation pour basson et piano, Pièce pour violoncelle et piano, et Pour guitare) furent créées ultérieurement. Comme l’exige une pièce de concours, les œuvres donnent l’opportunité à l’interprète de montrer avantageusement sa technique. La Pièce pour violon et clarinette est une intrigante réminiscence des pièces composées pour le Tremplin.

© Bob Gilmore
https://www.boosey.com/

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Pièce pour flûte et piano

À l’automne 1974, Vivier reçoit la commande des huit pièces pour le concours du Tremplin international à Montréal en 1975, un des événements les plus prestigieux du Canada, pour les jeunes interprètes. Quatre des pièces de Vivier (Pianoforte, Pièce pour flûte et piano, Pièce pour violon et piano et Hymnen an die Nacht, pour soprano et piano) ont été jouées pendant la finale du concours. Les autres (Improvisation pour basson et piano, Pièce pour violoncelle et piano, et Pour guitare) furent créées ultérieurement. Comme l’exige une pièce de concours, les œuvres donnent l’opportunité à l’interprète de montrer avantageusement sa technique. La Pièce pour violon et clarinette est une intrigante réminiscence des pièces composées pour le Tremplin.

© Bob Gilmore
https://www.boosey.com/

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On
Michel Longtin (
1946
,

QC
Canada

), Soeur Roxana (
2020
),
pour 15 instruments
- création
Michel Longtin (
1946
,

QC
Canada

), Soeur Roxana (
2020
),
pour 15 instruments
Michel Longtin (
1946
,

QC
Canada

), Soeur Roxana (
2020
),
pour 15 instruments
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Soeur Roxana

Chère Roxana,

Cela fait trente ans que tu as décidé de demeurer au monastère de la Combe Froide et de vivre de son silence. Un silence si total qu’il nous pénètre comme l’arôme des grands sapins qui embaument la forêt; ces sapins que Décébal affectionnait tant. J’ai eu des nouvelles de lui à travers ses recueils de poésie. Il y fait revivre pour nous la fontaine de Sultana, les forges du grand Hormuz, le lac sucré, le trèfle comestible et… Kyralessa.

La poésie de Décébal n’aurait peut-être jamais vu le jour si tu ne l’avais jamais convaincu, avant sa disparition, d’écrire à tout prix. Maintenant qu’il vit dans sa prison d’état totalitaire, ses livres nous parviennent. Sois bénie, Roxana, d’avoir insisté, car le lire, c’est l’écouter nous parler. Mot après mot, on sent presque ton silence, les bouleaux, les sapins et les cascades. La prison de Décébal s’est transformée en poésie comme la blessure de l’huître devient une perle.

Tu intercèdes peut-être pour sa libération depuis longtemps auprès de ton adoré Là-Haut. J’espère qu’Il t’entendra. Je serais si heureux de revoir notre ami. Je le manque : trente ans qu’il a disparu…

Moi, tu sais, je n’ai pas le tour de prier, ni pour toi ni pour lui, et je doute. Mais je sens que tu penses à moi et à Décébal. Tu es une grande artiste, tu sculptes dans ton corps et ton cœur pour atteindre la sainteté, pour atteindre ton ciel. Roxana, guides-moi un peu

Michel

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Soeur Roxana

Chère Roxana,

Cela fait trente ans que tu as décidé de demeurer au monastère de la Combe Froide et de vivre de son silence. Un silence si total qu’il nous pénètre comme l’arôme des grands sapins qui embaument la forêt; ces sapins que Décébal affectionnait tant. J’ai eu des nouvelles de lui à travers ses recueils de poésie. Il y fait revivre pour nous la fontaine de Sultana, les forges du grand Hormuz, le lac sucré, le trèfle comestible et… Kyralessa.

La poésie de Décébal n’aurait peut-être jamais vu le jour si tu ne l’avais jamais convaincu, avant sa disparition, d’écrire à tout prix. Maintenant qu’il vit dans sa prison d’état totalitaire, ses livres nous parviennent. Sois bénie, Roxana, d’avoir insisté, car le lire, c’est l’écouter nous parler. Mot après mot, on sent presque ton silence, les bouleaux, les sapins et les cascades. La prison de Décébal s’est transformée en poésie comme la blessure de l’huître devient une perle.

Tu intercèdes peut-être pour sa libération depuis longtemps auprès de ton adoré Là-Haut. J’espère qu’Il t’entendra. Je serais si heureux de revoir notre ami. Je le manque : trente ans qu’il a disparu…

Moi, tu sais, je n’ai pas le tour de prier, ni pour toi ni pour lui, et je doute. Mais je sens que tu penses à moi et à Décébal. Tu es une grande artiste, tu sculptes dans ton corps et ton cœur pour atteindre la sainteté, pour atteindre ton ciel. Roxana, guides-moi un peu

Michel

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Jérôme Combier (
1971
,

France

), Gone (
2010
),
pour cinq instruments et électronique
Jérôme Combier (
1971
,

France

), Gone (
2010
),
pour cinq instruments et électronique
Jérôme Combier (
1971
,

France

), Gone (
2010
),
pour cinq instruments et électronique
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Gone

Gone fut le premier titre de Solo, monologue écrit par Samuel Beckett en 1979 à la demande de David Warrilow, acteur de l’adaptation anglaise du Dépeupleur crée à New-York en août 1977. Quand Beckett lui demande ce qu’il imagine comme texte, l’acteur répond : « Je voyais l’image d’un homme debout sur une scène, éclairé par en haut. Il se tient dans une sorte de cône de lumière. On ne distingue pas son visage et il parle de la mort »*

Solo commence par ces mots : «  Sa naissance fut sa perte. »

Gone clôt un recueil ouvert en 2006, regroupant quatre pièces de musique de chambre : Noir azur (pour trio à cordes, 2006), Noir gris (pour trio à cordes, 2007), Hors crâne (pour violon, violoncelle et électronique, 2008) et Gone (pour clarinette, piano, trio à cordes et électronique).

Loin de Beckett, toutefois et de l’entreprise première que je m’étais fixée car loin de l’épure recherchée initialement, le peu d’idée, la restriction des éléments musicaux et surtout la simplicité de leur figuration, mais toutefois oui une forte contrainte formelle, et numérique à l’origine de toutes les proportions musicales (le temps accordée à telle ou telle idée) qui reste la constante de ces quelques pièces. Aussi le travail d’une certaine forme de répétition, mais là encore loin du ressassement de la parole propre à Samuel Beckett.

Si le point de départ reste le texte et la fabrication d’une matière musicale mélodique puis harmonique issue précisément des mots ou des bribes de phrases, le texte de Beckett a vite été abandonné dans le cours de la fabrication de la musique. Les échelles de hauteurs construites se sont vite émancipées.

Au départ, je me souviens qu’il y avait aussi la recherche d’un timbre précis, d’une qualité de son : une matière noire, profonde, sans repère, ni rythme, ni hauteurs, des bruits de frottements, de souffles, de pression d’archet, comme origine de tout son ou même de toute idée à naître. Ce souffle de l’acteur, David Warrilow prenant sa respiration (rauque et sourde) que l’on entend au début de Solo.

L’ajout de l’électronique, s’il m’éloigne incontestablement de la parole parcimonieuse  de Samuel Beckett, devrait me permettre en contrepartie d’accéder à ce monde de bruits et de tensions. Plus encore, sa fonction première est de masquer, ou en quelque sorte détruire, ce qui est lisible dans le travail instrumental. Enrichir à ce point le timbre pour que la musique ne soit plus que le fantôme d’elle-même.

- Jérôme Combier, juillet 2010

*James Knowlson, Beckett, p. 1038, Actes Sud, Arles 1999, traduction Oristelle Bonis (Damned to fame, The Life of Samuel Beckett, Londres 1996)

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Gone

Gone fut le premier titre de Solo, monologue écrit par Samuel Beckett en 1979 à la demande de David Warrilow, acteur de l’adaptation anglaise du Dépeupleur crée à New-York en août 1977. Quand Beckett lui demande ce qu’il imagine comme texte, l’acteur répond : « Je voyais l’image d’un homme debout sur une scène, éclairé par en haut. Il se tient dans une sorte de cône de lumière. On ne distingue pas son visage et il parle de la mort »*

Solo commence par ces mots : «  Sa naissance fut sa perte. »

Gone clôt un recueil ouvert en 2006, regroupant quatre pièces de musique de chambre : Noir azur (pour trio à cordes, 2006), Noir gris (pour trio à cordes, 2007), Hors crâne (pour violon, violoncelle et électronique, 2008) et Gone (pour clarinette, piano, trio à cordes et électronique).

Loin de Beckett, toutefois et de l’entreprise première que je m’étais fixée car loin de l’épure recherchée initialement, le peu d’idée, la restriction des éléments musicaux et surtout la simplicité de leur figuration, mais toutefois oui une forte contrainte formelle, et numérique à l’origine de toutes les proportions musicales (le temps accordée à telle ou telle idée) qui reste la constante de ces quelques pièces. Aussi le travail d’une certaine forme de répétition, mais là encore loin du ressassement de la parole propre à Samuel Beckett.

Si le point de départ reste le texte et la fabrication d’une matière musicale mélodique puis harmonique issue précisément des mots ou des bribes de phrases, le texte de Beckett a vite été abandonné dans le cours de la fabrication de la musique. Les échelles de hauteurs construites se sont vite émancipées.

Au départ, je me souviens qu’il y avait aussi la recherche d’un timbre précis, d’une qualité de son : une matière noire, profonde, sans repère, ni rythme, ni hauteurs, des bruits de frottements, de souffles, de pression d’archet, comme origine de tout son ou même de toute idée à naître. Ce souffle de l’acteur, David Warrilow prenant sa respiration (rauque et sourde) que l’on entend au début de Solo.

L’ajout de l’électronique, s’il m’éloigne incontestablement de la parole parcimonieuse  de Samuel Beckett, devrait me permettre en contrepartie d’accéder à ce monde de bruits et de tensions. Plus encore, sa fonction première est de masquer, ou en quelque sorte détruire, ce qui est lisible dans le travail instrumental. Enrichir à ce point le timbre pour que la musique ne soit plus que le fantôme d’elle-même.

- Jérôme Combier, juillet 2010

*James Knowlson, Beckett, p. 1038, Actes Sud, Arles 1999, traduction Oristelle Bonis (Damned to fame, The Life of Samuel Beckett, Londres 1996)

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On
André Prévost (
1934
-
2001
,

QC
Canada

), Menuhin: Présence (
2000
),
pour violoncelle et orchestre de chambre
André Prévost (
1934
-
2001
,

QC
Canada

), Menuhin: Présence (
2000
),
pour violoncelle et orchestre de chambre
André Prévost (
1934
-
2001
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QC
Canada

), Menuhin: Présence (
2000
),
pour violoncelle et orchestre de chambre
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Menuhin: Présence

« Mon œuvre est une page imprégnée précisément de la présence vivifiante et irremplaçable de ce grand musicien et humaniste que fut cet immense génie, Yehudi Menuhin. Elle se veut un profond témoignage de mon admiration envers l'homme et le philosophe autant que mon indéfectible et modeste attachement à cet être extraordinaire. Menuhin a eu une très importante influence sur ma vie et c'est pour cette raison que cette dernière œuvre est, en quelque sorte, ma propre autobiographie musicale parcourant au-delà de quarante ans de mon cheminement en composition. Dès le moment où, en 1975, je rencontrai personnellement Yehudi Menuhin, mon « état » de musicien qui englobait plusieurs aspects - et des plus fondamentaux - de mon désir impérieux de composer. Éclairé et inspiré par la sagesse et la sérénité de cet homme, mon langage s'en est trouvé comme « transfiguré » et orienté davantage vers la réalité spirituelle et, somme toute, l'essentiel de l'acte de composer. Ayant reçu un tel présent d'un tel être et avec tant d'amitié et de générosité, je n'ai qu'un désir : à mon tour témoigner de cette lumière. Que l'auditeur sache seulement que c'est à ce guide que je dois de m'être approché, un tant soit peu, d'une certaine vérité.

L'œuvre est d'un seul tenant : les solos du premier violon incitent discrètement le violoncelle à poursuivre la route amorcée... L'ensemble instrumental, commente et « chante » et dialogue. La musique est un phénomène éternel; elle est faite de maintenant, d’hier et elle s'épanouit dans un devenir. C'est, en tout cas, le projet de celle que je m'efforce d’écrire.

Cette œuvre m'a été commandée par MusiCanada Musique 2000 avec l’aide du Conseil des arts du Canada et elle est dédiée à mon épouse qui m'a soutenu tout au long de ma carrière de compositeur et particulièrement maintenant. Je l'offre également, en témoignage d’admiration à Yegor Dyachkov, au Nouvel Ensemble Moderne et à sa directrice Lorraine Vaillancourt. »

- André Prévost, décembre 2000

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Menuhin: Présence

« Mon œuvre est une page imprégnée précisément de la présence vivifiante et irremplaçable de ce grand musicien et humaniste que fut cet immense génie, Yehudi Menuhin. Elle se veut un profond témoignage de mon admiration envers l'homme et le philosophe autant que mon indéfectible et modeste attachement à cet être extraordinaire. Menuhin a eu une très importante influence sur ma vie et c'est pour cette raison que cette dernière œuvre est, en quelque sorte, ma propre autobiographie musicale parcourant au-delà de quarante ans de mon cheminement en composition. Dès le moment où, en 1975, je rencontrai personnellement Yehudi Menuhin, mon « état » de musicien qui englobait plusieurs aspects - et des plus fondamentaux - de mon désir impérieux de composer. Éclairé et inspiré par la sagesse et la sérénité de cet homme, mon langage s'en est trouvé comme « transfiguré » et orienté davantage vers la réalité spirituelle et, somme toute, l'essentiel de l'acte de composer. Ayant reçu un tel présent d'un tel être et avec tant d'amitié et de générosité, je n'ai qu'un désir : à mon tour témoigner de cette lumière. Que l'auditeur sache seulement que c'est à ce guide que je dois de m'être approché, un tant soit peu, d'une certaine vérité.

L'œuvre est d'un seul tenant : les solos du premier violon incitent discrètement le violoncelle à poursuivre la route amorcée... L'ensemble instrumental, commente et « chante » et dialogue. La musique est un phénomène éternel; elle est faite de maintenant, d’hier et elle s'épanouit dans un devenir. C'est, en tout cas, le projet de celle que je m'efforce d’écrire.

Cette œuvre m'a été commandée par MusiCanada Musique 2000 avec l’aide du Conseil des arts du Canada et elle est dédiée à mon épouse qui m'a soutenu tout au long de ma carrière de compositeur et particulièrement maintenant. Je l'offre également, en témoignage d’admiration à Yegor Dyachkov, au Nouvel Ensemble Moderne et à sa directrice Lorraine Vaillancourt. »

- André Prévost, décembre 2000

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Date et lieu

Vendredi
16
avril 2021
20h00
Webdiffusion en direct de la Salle Claude-Champagne, en rediffusion les 17 et 18 avril 2021. Rendez-vous sur lepointdevente.com !

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