NEM au Domaine Forget 2005 - concert 2

Vendredi
26
août 2005
0h00

Salle Françoys-Bernier

Cheffe

Lorraine Vaillancourt

Programme

Elvio Cipollone (
1971
,

Italie

), Trigaróle (
2005
)
Elvio Cipollone (
1971
,

Italie

), Trigaróle (
2005
)
Elvio Cipollone (
1971
,

Italie

), Trigaróle (
2005
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Trigaróle

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Trigaróle

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Bruno Mantovani (
1974
,

France

), Turbulences (
1998
)
Bruno Mantovani (
1974
,

France

), Turbulences (
1998
)
Bruno Mantovani (
1974
,

France

), Turbulences (
1998
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Turbulences

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Turbulences

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Edgard Varèse (
1883
-
1965
,

France

,

États-Unis

), Octandre (
1923
)
Edgard Varèse (
1883
-
1965
,

France

,

États-Unis

), Octandre (
1923
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Edgard Varèse (
1883
-
1965
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France

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États-Unis

), Octandre (
1923
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Compositeur français naturalisé américain, Edgard Varèse se présente comme un compositeur révolutionnaire, en rupture avec la tradition musicale. Nommé « père de la musique électronique » et reconnu par plusieurs compositeurs comme véritable précurseur des développements de la musique des XXe et XXIe siècles, il établit les bases de la musique d’avant-garde grâce à ses avancées musicales. En parallèle avec ses études d’ingénierie à Turin, Varèse entame des cours de musique en 1893 avec Giovanni Bolzoni, directeur du conservatoire de Turin. Il part pour la France en 1903 et s’installe à Paris. Il intègre la Schola Cantorum (1903-1905) auprès de Vincent d’Indy et le Conservatoire auprès de Charles-Marie Widor (1905-1907). Il se déplace de nouveau, cette fois vers Berlin, ville où il rencontre les compositeurs Strauss et Busoni. Il revient à Paris en 1913 mais, vite déçu par la frilosité musicale de la ville, il décide de partir pour New York. Rupture toute autant physique que symbolique, les premières œuvres de Varèse telles qu’Amériques (1918-1921) représentent une nouvelle voie musicale pour le compositeur. Il dirige son propre orchestre, le New Symphony Orchestra, avec lequel il promeut les chefs-d’œuvre modernes méconnus aux États-Unis. Il co-fonde également le Pan American Association of Composers et l’International Composers’s Guild, qui lui permettent de créer ses propres œuvres. Outre sa carrière de compositeur, Edgard Varèse entretient une fascination pour la science, la technologie et la lutherie électronique, passion qu’il relie progressivement à sa créativité musicale. De retour à Paris en 1928, il s’associe aux avant-gardistes contemporains tels que Cocteau et Picasso. À partir des années 50, après une longue période de seize ans qu’il qualifie de « décevante », les progrès en électronique lui inspirent plusieurs réalisations pionnières. Notamment Déserts (1954), œuvre mixte pour ensemble et bande, et Poème électronique (1958) pour bande seule, considérée comme l’une des premières œuvres d’installation musicale, qu’il développe en collaboration avec l’architecte Le Corbusier. (Note) Musique d’envergure, vive, dure, brutale, furieuse et mystérieuse, intégrant bruits primitifs, urbains et d’usines, Déserts déclencha l’un des scandales les plus impressionnants de toute l'histoire de la musique lors de sa création, le 2 décembre 1954, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Retransmis en direct par la RTF (Radiodiffusion-télévision française), avec Pierre Henry à la console et l'Orchestre National de France dirigé par Hermann Scherchen, une telle réaction du public face au « génie novateur » ne s’était jamais revue depuis la mémorable création du Sacre du Printemps de Stravinsky, présentée dans cette même salle quatre décennies plus tôt. Varèse appartient à une génération de compositeurs nés à la fin du XIXe siècle et qui ont ressenti le besoin de rompre, de manière plus ou moins radicale, avec le système tonal. On peut penser à Schoenberg (1874-1951), Stravinsky (1882-1971) ou encore Bartók (1881-1945). Contrairement à ses contemporains, Varèse ne cherche pas seulement un moyen de substitution au système tonal, mais aussi un moyen de libérer le son, de s'affranchir de la pensée grammaticale, et de composer le son lui-même, considérant que ce que l’on nomme bruit peut devenir son s’il est organisé rationnellement. D’où le grand intérêt pour les instruments à percussion et pour les bruits urbains. L’œuvre Déserts représente, en quelque sorte, l'aboutissement d'une vie consacrée à la recherche de ce nouveau paradigme compositionnel axé sur le son. La musique de Déserts s'éloigne du langage, elle n'est plus narrative, mais s'approprie l'espace-temps dans un pur jeu d'inertie et de mouvement, de silence et de densité, de lointain et de proche. L'oreille n'est guidée que par des figures sonores qui nous apparaissent toujours changeantes, ce phénomène étant renforcé par le choix bien affirmé d’un effectif instrumental constitué de vents, de percussions, d'un piano et d’électronique. La palette de timbres est extrêmement diversifiée, déployant un large éventail sonore et des potentialités dynamiques et rythmiques vertigineuses; du tuba contrebasse au piccolo, des timbales au glockenspiel et des sons d’orgue aux bruits industriels enregistrés sur bande. Varèse exclut volontairement les cordes, comme dans la plupart de ses œuvres pour ensemble, les jugeant trop « molles », selon ses propres termes. Déserts se dessine en quatre parties instrumentales, entrecoupées par trois parties électroniques diffusées sur système stéréo, ce que Varèse qualifie « d’interpolations de sons électroniques organisés ». Les sonorités de la bande sont issues de sons purement électroniques, d’instruments de percussions, de l’orgue de l’église Saint Mary of the Virgin de New York et de bruits industriels captés dans diverses fonderies, scieries et usines de Philadelphie. Cette juxtaposition d’instruments acoustiques et de sons enregistrés nous met en présence de l’un des premiers exemples de musique dite mixte. En ce qui a trait au titre, Varèse le décrit comme suit : « J’ai choisi comme titre Déserts parce que c’est un mot magique qui suggère des correspondances à l'infini. Déserts signifie pour moi non seulement les déserts physiques, du sable, de la mer, des montagnes et de la neige, de l’espace extérieur, des rues désertes dans les villes, non seulement ces aspects dépouillés de la nature, qui évoquent la stérilité, l’éloignement, l’existence hors du temps, mais aussi ce lointain espace intérieur qu’aucun télescope ne peut atteindre, où l’homme est seul dans un monde de mystère et de solitude essentielle. » Loin du scandale et des tumultes des Champs-Élysées, six jours seulement après sa création, Déserts connut le succès à Hambourg avec Bruno Maderna à la direction et Karlheinz Stockhausen à la régie, et fut fort bien accueillie lors de la première américaine dirigée par Frederic Waldman, en mai 1955, au Bennington College dans le Vermont. Sources éditées : Mathieu, J. (2004), « Un mythe fondateur de la musique contemporaine : le "scandale" provoqué en 1954 par la création de Déserts d'Edgar Varèse », Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. 51, no 1, p. 129-152. Lalitte, Ph. (2010), « Déserts d’Edgard Varèse, ou l’apothéose du son », Laboratoire d'Étude de l'Apprentissage et du Développement de l’Université de Bourgogne, analyse musicale, no 63, p. 79-89. « Edgard Varèse : Compositeur français (Paris, 1883 – New York, 1965) », Documentation Musicale de Radio France, repéré à https://www.francemusique.fr/personne/edgard-varese (consulté en avril 2019).

Octandre

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Compositeur français naturalisé américain, Edgard Varèse se présente comme un compositeur révolutionnaire, en rupture avec la tradition musicale. Nommé « père de la musique électronique » et reconnu par plusieurs compositeurs comme véritable précurseur des développements de la musique des XXe et XXIe siècles, il établit les bases de la musique d’avant-garde grâce à ses avancées musicales. En parallèle avec ses études d’ingénierie à Turin, Varèse entame des cours de musique en 1893 avec Giovanni Bolzoni, directeur du conservatoire de Turin. Il part pour la France en 1903 et s’installe à Paris. Il intègre la Schola Cantorum (1903-1905) auprès de Vincent d’Indy et le Conservatoire auprès de Charles-Marie Widor (1905-1907). Il se déplace de nouveau, cette fois vers Berlin, ville où il rencontre les compositeurs Strauss et Busoni. Il revient à Paris en 1913 mais, vite déçu par la frilosité musicale de la ville, il décide de partir pour New York. Rupture toute autant physique que symbolique, les premières œuvres de Varèse telles qu’Amériques (1918-1921) représentent une nouvelle voie musicale pour le compositeur. Il dirige son propre orchestre, le New Symphony Orchestra, avec lequel il promeut les chefs-d’œuvre modernes méconnus aux États-Unis. Il co-fonde également le Pan American Association of Composers et l’International Composers’s Guild, qui lui permettent de créer ses propres œuvres. Outre sa carrière de compositeur, Edgard Varèse entretient une fascination pour la science, la technologie et la lutherie électronique, passion qu’il relie progressivement à sa créativité musicale. De retour à Paris en 1928, il s’associe aux avant-gardistes contemporains tels que Cocteau et Picasso. À partir des années 50, après une longue période de seize ans qu’il qualifie de « décevante », les progrès en électronique lui inspirent plusieurs réalisations pionnières. Notamment Déserts (1954), œuvre mixte pour ensemble et bande, et Poème électronique (1958) pour bande seule, considérée comme l’une des premières œuvres d’installation musicale, qu’il développe en collaboration avec l’architecte Le Corbusier. (Note) Musique d’envergure, vive, dure, brutale, furieuse et mystérieuse, intégrant bruits primitifs, urbains et d’usines, Déserts déclencha l’un des scandales les plus impressionnants de toute l'histoire de la musique lors de sa création, le 2 décembre 1954, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Retransmis en direct par la RTF (Radiodiffusion-télévision française), avec Pierre Henry à la console et l'Orchestre National de France dirigé par Hermann Scherchen, une telle réaction du public face au « génie novateur » ne s’était jamais revue depuis la mémorable création du Sacre du Printemps de Stravinsky, présentée dans cette même salle quatre décennies plus tôt. Varèse appartient à une génération de compositeurs nés à la fin du XIXe siècle et qui ont ressenti le besoin de rompre, de manière plus ou moins radicale, avec le système tonal. On peut penser à Schoenberg (1874-1951), Stravinsky (1882-1971) ou encore Bartók (1881-1945). Contrairement à ses contemporains, Varèse ne cherche pas seulement un moyen de substitution au système tonal, mais aussi un moyen de libérer le son, de s'affranchir de la pensée grammaticale, et de composer le son lui-même, considérant que ce que l’on nomme bruit peut devenir son s’il est organisé rationnellement. D’où le grand intérêt pour les instruments à percussion et pour les bruits urbains. L’œuvre Déserts représente, en quelque sorte, l'aboutissement d'une vie consacrée à la recherche de ce nouveau paradigme compositionnel axé sur le son. La musique de Déserts s'éloigne du langage, elle n'est plus narrative, mais s'approprie l'espace-temps dans un pur jeu d'inertie et de mouvement, de silence et de densité, de lointain et de proche. L'oreille n'est guidée que par des figures sonores qui nous apparaissent toujours changeantes, ce phénomène étant renforcé par le choix bien affirmé d’un effectif instrumental constitué de vents, de percussions, d'un piano et d’électronique. La palette de timbres est extrêmement diversifiée, déployant un large éventail sonore et des potentialités dynamiques et rythmiques vertigineuses; du tuba contrebasse au piccolo, des timbales au glockenspiel et des sons d’orgue aux bruits industriels enregistrés sur bande. Varèse exclut volontairement les cordes, comme dans la plupart de ses œuvres pour ensemble, les jugeant trop « molles », selon ses propres termes. Déserts se dessine en quatre parties instrumentales, entrecoupées par trois parties électroniques diffusées sur système stéréo, ce que Varèse qualifie « d’interpolations de sons électroniques organisés ». Les sonorités de la bande sont issues de sons purement électroniques, d’instruments de percussions, de l’orgue de l’église Saint Mary of the Virgin de New York et de bruits industriels captés dans diverses fonderies, scieries et usines de Philadelphie. Cette juxtaposition d’instruments acoustiques et de sons enregistrés nous met en présence de l’un des premiers exemples de musique dite mixte. En ce qui a trait au titre, Varèse le décrit comme suit : « J’ai choisi comme titre Déserts parce que c’est un mot magique qui suggère des correspondances à l'infini. Déserts signifie pour moi non seulement les déserts physiques, du sable, de la mer, des montagnes et de la neige, de l’espace extérieur, des rues désertes dans les villes, non seulement ces aspects dépouillés de la nature, qui évoquent la stérilité, l’éloignement, l’existence hors du temps, mais aussi ce lointain espace intérieur qu’aucun télescope ne peut atteindre, où l’homme est seul dans un monde de mystère et de solitude essentielle. » Loin du scandale et des tumultes des Champs-Élysées, six jours seulement après sa création, Déserts connut le succès à Hambourg avec Bruno Maderna à la direction et Karlheinz Stockhausen à la régie, et fut fort bien accueillie lors de la première américaine dirigée par Frederic Waldman, en mai 1955, au Bennington College dans le Vermont. Sources éditées : Mathieu, J. (2004), « Un mythe fondateur de la musique contemporaine : le "scandale" provoqué en 1954 par la création de Déserts d'Edgar Varèse », Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. 51, no 1, p. 129-152. Lalitte, Ph. (2010), « Déserts d’Edgard Varèse, ou l’apothéose du son », Laboratoire d'Étude de l'Apprentissage et du Développement de l’Université de Bourgogne, analyse musicale, no 63, p. 79-89. « Edgard Varèse : Compositeur français (Paris, 1883 – New York, 1965) », Documentation Musicale de Radio France, repéré à https://www.francemusique.fr/personne/edgard-varese (consulté en avril 2019).

Octandre

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Michael Oesterle (
1968
,

Allemagne

,

QC
Canada

), annus mirabilis (
2005
)
Michael Oesterle (
1968
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Allemagne

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QC
Canada

), annus mirabilis (
2005
)
Michael Oesterle (
1968
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2005
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annus mirabilis

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Date et lieu

Vendredi
26
août 2005
0h00

Salle Françoys-Bernier

Tarifs