Concert de clôture 2017

Thursday
4
May 2017
12:00 am

Salle Claude-Champagne

Conductor

Lorraine Vaillancourt

Program

Luciano Berio (
1925
-
2003
,

Italy

), Folksongs (
1968
)
Luciano Berio (
1925
-
2003
,

Italy

), Folksongs (
1968
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Luciano Berio (
1925
-
2003
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Italy

), Folksongs (
1968
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Folksongs

soliste Jard van Ness

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Folksongs

soliste Jard van Ness

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André Hamel (
1955
,

Canada

), L’Être et la réminiscence (
2017
)
André Hamel (
1955
,

Canada

), L’Être et la réminiscence (
2017
)
André Hamel (
1955
,

Canada

), L’Être et la réminiscence (
2017
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L’Être et la réminiscence

L’être et la réminiscence (2017)
*À mon ami et mentor Michel Longtin

L’être et la réminiscence est la dernière en date des œuvres d’André Hamel, et a été écrite spécialement à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne. Prenant appui sur le souvenir de la lecture du livre Nature, Man and Woman (1958) du philosophe britannique Alan Watts (1915-1973), cette pièce fait de la réminiscence sont moteur conceptuel. La mémoire y joue en effet un rôle clef, puisque si la réminiscence invite à la citation, l’auditeur pourra ne retrouver de certaines sources originales qu’une face transformée par les prismes déformants du souvenir et du passé. D’un côté, il notera des passages aux airs familiers (des bribes mozartiennes tirées du quintette avec clarinette, K. 581), auxquels Hamel n’a pas cependant cherché à rendre leurs formes originales, mais qu’il fait plutôt réorchestrer librement et qu’il fait se détacher de la trame de l’œuvre ; d’un autre côté, des fragments de la sonate pour piano K. 280, cités fidèlement.

Dans cette œuvre, l’auditeur est invité à se laisser baigner dans un environnement sonore aux événements spatialisés. En plus d’une telle mise en espace, il retrouvera différentes manifestations de cette approche « élémentielle » que Hamel développe depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années. L’« environnement » sonore renvoie d’ailleurs à une certaine idée de nature qui habitait le compositeur au départ du projet. Le déroulement de la pièce suit donc un temps fluide, dont le rythme est dicté non plus par une battue traditionnelle, mais plutôt par un jeu de relais entre les instrumentistes. Hamel confie que cette façon d’approcher l’articulation de la musique témoigne de l’influence qu’a eu sur lui la musique électroacoustique.

- Paul Bazin

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L’Être et la réminiscence

L’être et la réminiscence (2017)
*À mon ami et mentor Michel Longtin

L’être et la réminiscence est la dernière en date des œuvres d’André Hamel, et a été écrite spécialement à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne. Prenant appui sur le souvenir de la lecture du livre Nature, Man and Woman (1958) du philosophe britannique Alan Watts (1915-1973), cette pièce fait de la réminiscence sont moteur conceptuel. La mémoire y joue en effet un rôle clef, puisque si la réminiscence invite à la citation, l’auditeur pourra ne retrouver de certaines sources originales qu’une face transformée par les prismes déformants du souvenir et du passé. D’un côté, il notera des passages aux airs familiers (des bribes mozartiennes tirées du quintette avec clarinette, K. 581), auxquels Hamel n’a pas cependant cherché à rendre leurs formes originales, mais qu’il fait plutôt réorchestrer librement et qu’il fait se détacher de la trame de l’œuvre ; d’un autre côté, des fragments de la sonate pour piano K. 280, cités fidèlement.

Dans cette œuvre, l’auditeur est invité à se laisser baigner dans un environnement sonore aux événements spatialisés. En plus d’une telle mise en espace, il retrouvera différentes manifestations de cette approche « élémentielle » que Hamel développe depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années. L’« environnement » sonore renvoie d’ailleurs à une certaine idée de nature qui habitait le compositeur au départ du projet. Le déroulement de la pièce suit donc un temps fluide, dont le rythme est dicté non plus par une battue traditionnelle, mais plutôt par un jeu de relais entre les instrumentistes. Hamel confie que cette façon d’approcher l’articulation de la musique témoigne de l’influence qu’a eu sur lui la musique électroacoustique.

- Paul Bazin

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Alberto Ginastera (
1916
-
1983
,

Argentina

), Concerto pour piano n.2 (
1972
)
Alberto Ginastera (
1916
-
1983
,

Argentina

), Concerto pour piano n.2 (
1972
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Alberto Ginastera (
1916
-
1983
,

Argentina

), Concerto pour piano n.2 (
1972
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Alberto Ginastera (1916-1983) Alberto Ginastera est un compositeur argentin né à Buenos Aires en 1916 et décédé à Genève en 1983. Remarqué dès 1937 pour une œuvre écrite alors qu’il était encore étudiant (Suite Panambi), il s’est progressivement affirmé comme étant l’un des représentants les plus prometteurs de la musique contemporaine en Amérique latine. On eut notamment tôt fait de remarquer la vigueur de son écriture rythmique et la brillance de ses orchestrations. En plus de l’intérêt émanant de sa production musicale, l’importance de Ginastera dans l’affirmation d’une musique de création argentine se manifeste dans les nombreux postes d’administrateur qu’il a occupés dans diverses institutions consacrées à la musique. Il a notamment mis sur pied le Conservatorio de Música y Arte Escénico (La Plata, 1948), et dirigé la Facultad de Artes y Ciencias Musicales de l’Université catholique d’Argentine (1958-1963). Bien que la répartition en demeure controversée, Ginastera a lui-même posé les balises de ses trois principales périodes créatrices. Au départ marquée d’un certain nationalisme et faisant appel à un langage harmonique plutôt tonal, la production de Ginastera a gagné en abstraction au fil des ans. Sa troisième et dernière période, dont il affirma qu’elle débutait en 1958 et qui se terminerait avec sa mort, en 1983, est marquée par de nombreuses expérimentations esthétiques inscrivant le compositeur au rang des modernes ayant subi l’influence du sérialisme. Le deuxième concerto pour piano (1972) fut composé au cours de cette période dite « néo-expressionniste ». Le recours à une palette technique élargie par les modes de jeu nouveaux et la très grande virtuosité exigée du soliste comptent parmi les principales articulations de la théâtralité des œuvres concertantes de Ginastera. Le premier mouvement de ce concerto, « 32 variazioni sopra un accordo di Beethoven », consacre chaque variation à la réminiscence du style d’un compositeur important du XXe siècle. - - - François Vallières, altiste, arrangeur Après des études au Conservatoire de Musique de Montréal où il obtient le Prix avec Grande Distinction, François Vallières s’installe aux États-Unis pour se perfectionner à l’Université RICE où il obtient un Master of Music Degree. Il participe au Tanglewood Music Festival à plusieurs reprises et joue sous la direction de Seiji Ozawa, Charles Dutoit et Kurt Masur. Musicien polyvalent, il se produit régulièrement dans de nombreux ensembles, tels que l’Orchestre de Chambre McGill, I Musici de Montréal, les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain ou encore les orchestres symphoniques de Québec, Trois-Rivières, Longueuil, Laval et Drummondville. Copiste, orchestrateur et arrangeur très demandé, il a été nommé arrangeur de l’année au Gala de l’ADISQ en 2013. Ses travaux sont interprétés par de nombreux ensembles et artistes, tels que Jorane, Marie-Hélène Thibert, Bruno Pelletier, l’Orchestre de Chambre McGill, le Nouvel Ensemble Moderne, le Quintette de cuivres BUZZ et la Pietà avec Angèle Dubeau. François Vallières est membre du NEM depuis 2011. Concerto pour piano n° 2 Le deuxième concerto pour piano du compositeur Alberto Ginastera est une œuvre où brille d’abord la partie soliste, tantôt déployée sur la trame orchestrale, tantôt entrant en dialogue avec elle. Écrit pour grand orchestre dans sa version originale, cet opus a été arrangé à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne par François Vallières, à la demande de Normand Forget, directeur artistique. Il y a quelques années, François Vallières avait déjà accepté de réaliser un arrangement du Sacre du printemps, que le NEM a par la suite exécuté en concert à de nombreuses reprises. Le projet lui offrait cette fois, pour sa part, l’occasion de relever le défi de réduire pour les quinze musiciens de l’ensemble une trame orchestrale riche en agrégats sonores distribués dans les registres extrêmes, et joués à des nuances toutes aussi extrêmes. Choix et concessions le menèrent de tailler, dans le matériau original du concerto de Ginastera, une réorchestration rendant compte des spécificités instrumentales du NEM. Revenant sur son travail, François Vallières dit se considérer comme l’artisan, comme le sculpteur qui travaille une pierre qui lui offrirait d’emblée sa matière. « Par le fait que ce soit un arrangement, une réorchestration, évidemment on dénature un peu l’œuvre, on ne peut pas s’attendre à recréer exactement l’effet sonore de la version originale […] La création est dans l’utilisation de matériaux pré-existants. Je n’ai pas ajouté de matériau musical, je n’en ai pas enlevé non plus, parce que l’écriture du concerto en tant que telle n’est absolument pas contrapuntique, il n’y a pas beaucoup de matériaux mélodiques, ce sont beaucoup des grappes sonores, des sons qui proviennent, finalement, du piano solo. Les choix que j’ai dû faire étaient de réduire l’ambitus, le registre de certains clusters, d’essayer d’atténuer un peu les extrêmes qu’on ne pourrait pas atteindre avec un ensemble de quinze musiciens. » - Paul Bazin

Concerto pour piano n.2

arr. François Vallières

Bien que la répartition en demeure controversée, Ginastera a lui-même posé les balises de ses trois principales périodes créatrices. Au départ marquée d’un certain nationalisme et faisant appel à un langage harmonique plutôt tonal, la production de Ginastera a gagné en abstraction au fil des ans. Sa troisième et dernière période, dont il affirma qu’elle débutait en 1958 et qui se terminerait avec sa mort, en 1983, est marquée par de nombreuses expérimentations esthétiques inscrivant le compositeur au rang des modernes ayant subi l’influence du sérialisme. Le deuxième concerto pour piano (1972) fut composé au cours de cette période dite « néo-expressionniste ». Le recours à une palette technique élargie par les modes de jeu nouveaux et la très grande virtuosité exigée du soliste comptent parmi les principales articulations de la théâtralité des œuvres concertantes de Ginastera. Le premier mouvement de ce concerto, « 32 variazioni sopra un accordo di Beethoven », consacre chaque variation à la réminiscence du style d’un compositeur important du XXe siècle.

- - -

François Vallières, altiste, arrangeur

Après des études au Conservatoire de Musique de Montréal où il obtient le Prix avec Grande Distinction, François Vallières s’installe aux États-Unis pour se perfectionner à l’Université RICE où il obtient un Master of Music Degree. Il participe au Tanglewood Music Festival à plusieurs reprises et joue sous la direction de Seiji Ozawa, Charles Dutoit et Kurt Masur. Musicien polyvalent, il se produit régulièrement dans de nombreux ensembles, tels que l’Orchestre de Chambre McGill, I Musici de Montréal, les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain ou encore les orchestres symphoniques de Québec, Trois-Rivières, Longueuil, Laval et Drummondville. Copiste, orchestrateur et arrangeur très demandé, il a été nommé arrangeur de l’année au Gala de l’ADISQ en 2013. Ses travaux sont interprétés par de nombreux ensembles et artistes, tels que Jorane, Marie-Hélène Thibert, Bruno Pelletier, l’Orchestre de Chambre McGill, le Nouvel Ensemble Moderne, le Quintette de cuivres BUZZ et la Pietà avec Angèle Dubeau. François Vallières est membre du NEM depuis 2011.

Concerto pour piano n° 2

Le deuxième concerto pour piano du compositeur Alberto Ginastera est une œuvre où brille d’abord la partie soliste, tantôt déployée sur la trame orchestrale, tantôt entrant en dialogue avec elle. Écrit pour grand orchestre dans sa version originale, cet opus a été arrangé à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne par François Vallières, à la demande de Normand Forget, directeur artistique.

Il y a quelques années, François Vallières avait déjà accepté de réaliser un arrangement du Sacre du printemps, que le NEM a par la suite exécuté en concert à de nombreuses reprises. Le projet lui offrait cette fois, pour sa part, l’occasion de relever le défi de réduire pour les quinze musiciens de l’ensemble une trame orchestrale riche en agrégats sonores distribués dans les registres extrêmes, et joués à des nuances toutes aussi extrêmes. Choix et concessions le menèrent de tailler, dans le matériau original du concerto de Ginastera, une réorchestration rendant compte des spécificités instrumentales du NEM. Revenant sur son travail, François Vallières dit se considérer comme l’artisan, comme le sculpteur qui travaille une pierre qui lui offrirait d’emblée sa matière.

« Par le fait que ce soit un arrangement, une réorchestration, évidemment on dénature un peu l’œuvre, on ne peut pas s’attendre à recréer exactement l’effet sonore de la version originale […] La création est dans l’utilisation de matériaux pré-existants. Je n’ai pas ajouté de matériau musical, je n’en ai pas enlevé non plus, parce que l’écriture du concerto en tant que telle n’est absolument pas contrapuntique, il n’y a pas beaucoup de matériaux mélodiques, ce sont beaucoup des grappes sonores, des sons qui proviennent, finalement, du piano solo. Les choix que j’ai dû faire étaient de réduire l’ambitus, le registre de certains clusters, d’essayer d’atténuer un peu les extrêmes qu’on ne pourrait pas atteindre avec un ensemble de quinze musiciens. »

- Paul Bazin

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Alberto Ginastera (1916-1983) Alberto Ginastera est un compositeur argentin né à Buenos Aires en 1916 et décédé à Genève en 1983. Remarqué dès 1937 pour une œuvre écrite alors qu’il était encore étudiant (Suite Panambi), il s’est progressivement affirmé comme étant l’un des représentants les plus prometteurs de la musique contemporaine en Amérique latine. On eut notamment tôt fait de remarquer la vigueur de son écriture rythmique et la brillance de ses orchestrations. En plus de l’intérêt émanant de sa production musicale, l’importance de Ginastera dans l’affirmation d’une musique de création argentine se manifeste dans les nombreux postes d’administrateur qu’il a occupés dans diverses institutions consacrées à la musique. Il a notamment mis sur pied le Conservatorio de Música y Arte Escénico (La Plata, 1948), et dirigé la Facultad de Artes y Ciencias Musicales de l’Université catholique d’Argentine (1958-1963). Bien que la répartition en demeure controversée, Ginastera a lui-même posé les balises de ses trois principales périodes créatrices. Au départ marquée d’un certain nationalisme et faisant appel à un langage harmonique plutôt tonal, la production de Ginastera a gagné en abstraction au fil des ans. Sa troisième et dernière période, dont il affirma qu’elle débutait en 1958 et qui se terminerait avec sa mort, en 1983, est marquée par de nombreuses expérimentations esthétiques inscrivant le compositeur au rang des modernes ayant subi l’influence du sérialisme. Le deuxième concerto pour piano (1972) fut composé au cours de cette période dite « néo-expressionniste ». Le recours à une palette technique élargie par les modes de jeu nouveaux et la très grande virtuosité exigée du soliste comptent parmi les principales articulations de la théâtralité des œuvres concertantes de Ginastera. Le premier mouvement de ce concerto, « 32 variazioni sopra un accordo di Beethoven », consacre chaque variation à la réminiscence du style d’un compositeur important du XXe siècle. - - - François Vallières, altiste, arrangeur Après des études au Conservatoire de Musique de Montréal où il obtient le Prix avec Grande Distinction, François Vallières s’installe aux États-Unis pour se perfectionner à l’Université RICE où il obtient un Master of Music Degree. Il participe au Tanglewood Music Festival à plusieurs reprises et joue sous la direction de Seiji Ozawa, Charles Dutoit et Kurt Masur. Musicien polyvalent, il se produit régulièrement dans de nombreux ensembles, tels que l’Orchestre de Chambre McGill, I Musici de Montréal, les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain ou encore les orchestres symphoniques de Québec, Trois-Rivières, Longueuil, Laval et Drummondville. Copiste, orchestrateur et arrangeur très demandé, il a été nommé arrangeur de l’année au Gala de l’ADISQ en 2013. Ses travaux sont interprétés par de nombreux ensembles et artistes, tels que Jorane, Marie-Hélène Thibert, Bruno Pelletier, l’Orchestre de Chambre McGill, le Nouvel Ensemble Moderne, le Quintette de cuivres BUZZ et la Pietà avec Angèle Dubeau. François Vallières est membre du NEM depuis 2011. Concerto pour piano n° 2 Le deuxième concerto pour piano du compositeur Alberto Ginastera est une œuvre où brille d’abord la partie soliste, tantôt déployée sur la trame orchestrale, tantôt entrant en dialogue avec elle. Écrit pour grand orchestre dans sa version originale, cet opus a été arrangé à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne par François Vallières, à la demande de Normand Forget, directeur artistique. Il y a quelques années, François Vallières avait déjà accepté de réaliser un arrangement du Sacre du printemps, que le NEM a par la suite exécuté en concert à de nombreuses reprises. Le projet lui offrait cette fois, pour sa part, l’occasion de relever le défi de réduire pour les quinze musiciens de l’ensemble une trame orchestrale riche en agrégats sonores distribués dans les registres extrêmes, et joués à des nuances toutes aussi extrêmes. Choix et concessions le menèrent de tailler, dans le matériau original du concerto de Ginastera, une réorchestration rendant compte des spécificités instrumentales du NEM. Revenant sur son travail, François Vallières dit se considérer comme l’artisan, comme le sculpteur qui travaille une pierre qui lui offrirait d’emblée sa matière. « Par le fait que ce soit un arrangement, une réorchestration, évidemment on dénature un peu l’œuvre, on ne peut pas s’attendre à recréer exactement l’effet sonore de la version originale […] La création est dans l’utilisation de matériaux pré-existants. Je n’ai pas ajouté de matériau musical, je n’en ai pas enlevé non plus, parce que l’écriture du concerto en tant que telle n’est absolument pas contrapuntique, il n’y a pas beaucoup de matériaux mélodiques, ce sont beaucoup des grappes sonores, des sons qui proviennent, finalement, du piano solo. Les choix que j’ai dû faire étaient de réduire l’ambitus, le registre de certains clusters, d’essayer d’atténuer un peu les extrêmes qu’on ne pourrait pas atteindre avec un ensemble de quinze musiciens. » - Paul Bazin

Concerto pour piano n.2

arr. François Vallières

Bien que la répartition en demeure controversée, Ginastera a lui-même posé les balises de ses trois principales périodes créatrices. Au départ marquée d’un certain nationalisme et faisant appel à un langage harmonique plutôt tonal, la production de Ginastera a gagné en abstraction au fil des ans. Sa troisième et dernière période, dont il affirma qu’elle débutait en 1958 et qui se terminerait avec sa mort, en 1983, est marquée par de nombreuses expérimentations esthétiques inscrivant le compositeur au rang des modernes ayant subi l’influence du sérialisme. Le deuxième concerto pour piano (1972) fut composé au cours de cette période dite « néo-expressionniste ». Le recours à une palette technique élargie par les modes de jeu nouveaux et la très grande virtuosité exigée du soliste comptent parmi les principales articulations de la théâtralité des œuvres concertantes de Ginastera. Le premier mouvement de ce concerto, « 32 variazioni sopra un accordo di Beethoven », consacre chaque variation à la réminiscence du style d’un compositeur important du XXe siècle.

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François Vallières, altiste, arrangeur

Après des études au Conservatoire de Musique de Montréal où il obtient le Prix avec Grande Distinction, François Vallières s’installe aux États-Unis pour se perfectionner à l’Université RICE où il obtient un Master of Music Degree. Il participe au Tanglewood Music Festival à plusieurs reprises et joue sous la direction de Seiji Ozawa, Charles Dutoit et Kurt Masur. Musicien polyvalent, il se produit régulièrement dans de nombreux ensembles, tels que l’Orchestre de Chambre McGill, I Musici de Montréal, les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain ou encore les orchestres symphoniques de Québec, Trois-Rivières, Longueuil, Laval et Drummondville. Copiste, orchestrateur et arrangeur très demandé, il a été nommé arrangeur de l’année au Gala de l’ADISQ en 2013. Ses travaux sont interprétés par de nombreux ensembles et artistes, tels que Jorane, Marie-Hélène Thibert, Bruno Pelletier, l’Orchestre de Chambre McGill, le Nouvel Ensemble Moderne, le Quintette de cuivres BUZZ et la Pietà avec Angèle Dubeau. François Vallières est membre du NEM depuis 2011.

Concerto pour piano n° 2

Le deuxième concerto pour piano du compositeur Alberto Ginastera est une œuvre où brille d’abord la partie soliste, tantôt déployée sur la trame orchestrale, tantôt entrant en dialogue avec elle. Écrit pour grand orchestre dans sa version originale, cet opus a été arrangé à l’intention du Nouvel Ensemble Moderne par François Vallières, à la demande de Normand Forget, directeur artistique.

Il y a quelques années, François Vallières avait déjà accepté de réaliser un arrangement du Sacre du printemps, que le NEM a par la suite exécuté en concert à de nombreuses reprises. Le projet lui offrait cette fois, pour sa part, l’occasion de relever le défi de réduire pour les quinze musiciens de l’ensemble une trame orchestrale riche en agrégats sonores distribués dans les registres extrêmes, et joués à des nuances toutes aussi extrêmes. Choix et concessions le menèrent de tailler, dans le matériau original du concerto de Ginastera, une réorchestration rendant compte des spécificités instrumentales du NEM. Revenant sur son travail, François Vallières dit se considérer comme l’artisan, comme le sculpteur qui travaille une pierre qui lui offrirait d’emblée sa matière.

« Par le fait que ce soit un arrangement, une réorchestration, évidemment on dénature un peu l’œuvre, on ne peut pas s’attendre à recréer exactement l’effet sonore de la version originale […] La création est dans l’utilisation de matériaux pré-existants. Je n’ai pas ajouté de matériau musical, je n’en ai pas enlevé non plus, parce que l’écriture du concerto en tant que telle n’est absolument pas contrapuntique, il n’y a pas beaucoup de matériaux mélodiques, ce sont beaucoup des grappes sonores, des sons qui proviennent, finalement, du piano solo. Les choix que j’ai dû faire étaient de réduire l’ambitus, le registre de certains clusters, d’essayer d’atténuer un peu les extrêmes qu’on ne pourrait pas atteindre avec un ensemble de quinze musiciens. »

- Paul Bazin

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Date and place

Thursday
4
May 2017
12:00 am

Salle Claude-Champagne

Université de Montréal
220 avenue Vincent-d'Indy
Montreal QC H2V 2T2
Canada

Prices