Reste le vent… l’espace enfin.

Photo© Normand Forget

C’est avec plaisir que je vous accueille ici, un lieu que je veux ouvert, où je partagerai mes coups de cœur musicaux, littéraires, mes réflexions sur nos pratiques, la création, nos voyages anciens ou nouveaux.

Pour me lancer, j’ai choisi un des Sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke, le quatrième de la première partie, qui sera au cœur de notre saison musicale, pas tant pour le mot à mot que pour le souffle, l’initiation des cœurs, la lourdeur du fardeau à porter… l’espace enfin.

J’ai récemment fait un concert autour des Fantaisies, pour hautbois seul, de GP Telemann auxquelles j’avais greffé une bande et des poèmes. En me documentant, je suis tombé sur une traduction magnifique des Sonnets à Orphée.
Je vous mets le lien ici. 

À bientôt et bonne lecture !
Normand


Sonnets à Orphée
Rainer Maria Rilke
Traduction : Robert Maillard
Première partie
IV

Ô vous qui n’êtes que tendresse, qui accédez parfois
à ce souffle qui ne vous est pas destiné,
laissez-le se scinder de lui-même sur vos joues ;
il frissonne à nouveau tout uni derrière vous.

Ô vous les bienheureux, vous qui êtes les élus,
qui êtes à l’initiation des cœurs,
de toute flèche à la fois l’arc et la cible,
votre sourire mêlé de larmes a déjà l’éclat de ce qui est éternel.

N’ayez crainte de souffrir; ce fardeau
relève de la terre et de sa pesanteur :
pesantes sont les montagnes, pesantes sont les mers.

Et même les arbres qu’enfant vous avez plantés
sont depuis longtemps devenus, eux aussi, trop pesants.
Vous ne les porteriez plus. Reste le vent… l’espace enfin.