PIERRE JODLOWSKI (1971, FRANCE)

Pierre Jodlowski développe son travail en France et à l’étranger dans le champ des musiques d’aujourd’hui. Sa musique, souvent marquée par une importante densité, se situe au croisement du son acoustique et du son électrique, et se caractérise par son ancrage dramaturgique et politique. Son activité le conduit à se produire dans la plupart des lieux dédiés à la musique contemporaine, mais aussi dans des circuits parallèles: danse, théâtre, arts plastiques, musiques électroniques. Il est également fondateur et directeur artistique associé du studio éole – en résidence à Odyssud Blagnac depuis 1998 – et du festival Novelum à Toulouse et sa région (de 1998 à 2014).

Son travail se déploie aujourd’hui dans de nombreux domaines, et, en périphérie de son univers musical, il travaille l’image, la programmation interactive pour des installations, la mise en scène et cherche avant tout à questionner les rapports dynamiques des espaces scéniques. Il revendique aujourd’hui la pratique d’une musique « active »: dans sa dimension physique (gestes, énergies, espaces) comme psychologique (évocation, mémoire, dimension cinématographique). En parallèle à son travail de composition, il se produit également pour des performances, en solo ou en formation avec d’autres artistes.


RESPIRE (2008)
pour 11 instruments, électronique et vidéo

Cette pièce est la première du cycle Respire / Mange / Dors, un ensemble de compositions audiovisuelles qui interroge la place du corps dans notre monde. Corps devenu social, contraint, avec ses rituels, ses formes obligées, ses normes. Notre société occidentale, uniformisée, milite pour le culte d’un corps sain parfait, sans maladie, sans porosité. Une société qui en voulant imposer partout son air pur, s’étouffe dans ses contradictions et la censure.

Ce projet, réalisé avec le plasticien David Coste, se divise en 2 grandes sections : la première se focalise sur la respiration elle-même, sur le mouvement du ventre qui devient l’objet d’une mécanique implacable entraînant le champ musical dans un balancement chronique. La deuxième est une danse-transe – nous avons ici filmé des danseurs en leur proposant l’imaginaire suivant : « je suis dans une boîte de nuit; je me mets à danser, persuadé qu’il s’agit d’une situation collective. Alors que la musique envahit l’espace, je me rends compte de mon extrême solitude… » De cette contrainte narrative, chaque danseur nous a donné sa propre version, parfois une trajectoire explosive ou au contraire, un renfermement intime, un engloutissement.

Au final, les corps sont assemblés et démultipliés dans l’espace de la vidéo, un espace, blanc, épuré, vidé, où les corps se laissent emporter par un long crescendo répétitif.

Pierre Jodlowski


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