Née en Finlande, Kaija Saariaho (1952) vit une enfance imprégnée de musique et joue de plu-sieurs instruments. Elle s’intéresse parallèlement aux arts visuels et à la musique, pour finale-ment choisir la composition, qu’elle étudie à l'Académie Sibelius d'Helsinki (1976) avec Paavo Heininen. Après un passage à Darmstadt (1980), où elle découvre la musique spectrale française, elle s’inscrit à la Musikhochschule de Fribourg (1981-1983), où elle suit les cours de Brian Ferneyhough et Klaus Huber. Sa recherche en matière de timbres nouveaux stimule son étude de nouvelles techniques instrumentales et de l'ordinateur, auquel, depuis 1982, elle s'est initiée à l'Ircam.
Caractéristique de ses œuvres des années 1980, son écriture sensuelle, descriptive et lyrique se construit en de subtiles transformations. Elle confirme sa notoriété internationale avec des œuvres telles que Lichtbogen pour ensemble et électronique (1985-86) et Nymphéa (1987), commande du Lincoln Center pour le Quatuor Kronos.
À partir des années 1990, sa musique devient plus expressive ; les éléments rythmiques deviennent plus présents en dépit de l'absence, toujours, d’une pulsation rythmique régulière. La recherche sur le timbre et les couleurs demeure centrale dans son travail. L’intérêt de la compositrice pour la voix sa précise à travers des œuvres comme Château de l'âme (1995), dédiée à la soprano Dawn Upshaw, ou Quatre Instants (2003), pour soprano et piano/orchestre, pour Karita Mattila.
Son premier opéra, L'Amour de loin, livret d'Amin Maalouf et mise en scène de Peter Sellars, a remporté un vif succès lors de sa création au Festival de Salzbourg en 2000 et a été récompensé en 2003 par le Prix de composition Grawemeyer. Un deuxième opéra, Adriana Mater, sur un livret original d'Amin Maalouf, également mis en scène par Peter Sellars, a été présenté à l'Opéra Bastille en mars 2006. Elle travaille actuellement sur Emilie, un opéra pour Karita Mattila (première à l’Opéra de Lyon en mars 2010).