Claude Debussy et le faune : une révolution tranquille

Photo : Robin Pineda Gould

Le Prélude à l’après-midi d’un faune, sur un poème de Stéphane Mallarmé, est certainement une des oeuvres les plus connues de Claude Debussy. Ayant connu un succès immédiat dès sa création en 1894, elle introduit alors un nouveau courant musical : l’impressionnisme, en pleine rupture avec le romantisme dominant à l’époque. Révolutionnaire, Claude Debussy le fut de manière tranquille, à l’image de sa musique. Il rédige la note de programme du Prélude à l’après-midi d’un faune ainsi : « [Cette] musique (…)  est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt des décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves d’un faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l’universelle nature. »
Son langage musical, aussi rigoureux que charmant, fut très en avance sur son temps. Novateur, mais jamais scandaleux comme l’a pu l’être Igor Stravinsy par exemple, Claude Debussy habille son audace musicale de séduisantes mélodies et de chatoyantes harmonies en perpétuelle mutation. Parfois décrié par ses contemporains – lui-même ne cachait pas le mépris qu’il éprouvait pour la musique de Mahler –  il pressentait de l’importance que son oeuvre aurait pour les générations futures : J’écris des choses qui ne seront comprises que par les petits-enfants du XXe siècle dit-il lors d’une entrevue.
Des compositeurs contemporains parmi les plus grands reconnaissent tout ce qu’ils doivent à Debussy, tels que Pierre Boulez, Toru Takemitsu, ou encore Olivier Messiaen. Et avant eux, Francis Poulenc ! Pour l’anecdote, ce dernier explique dans une entrevue avec Claude Rostand qu’il « attendait que ses parents partent au concert pour filer acheter des partitions de Debussy en cachette« …
Le NEM est dont très heureux de réunir ces deux compositeurs dans le programme de son prochain concert :

Les Mariés de la tour Eiffel
Le 8 avril 2017 à 20h
Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal
En collaboration avec la Fondation Arte Musica